A risques plus fréquents, réorganisation des responsabilités

Lundi 5 Octobre 2026


Dans un éditorial* de la revue américaine Science, un chercheur Australien s’intéresse aux risques climatiques pouvant subvenir sur les groupements urbains et les réponses qu’il faudrait leur opposer pour en réduire significativement les effets.

Selon ce chercheur, les catastrophes étaient autrefois espacés dans le temps ce qui permettait aux gestionnaires des villes d’établir de nouvelles règles susceptibles de lutter plus efficacement contre ces aléas ; il cite en illustration, l’incendie qui a ravagé Londres en 1666 à la suite duquel ont été établies de nouvelles normes de construction et les inondations qui affectaient le Rhin et le Danube ont édicté des règles de zonage qui sont devenues des standards pour toute l’Europe. Le temps long qui séparait deux catastrophes permettait d’en corriger les effets. Cette situation avantageuse a disparue, l’urbanisme est devenu volatil.

Un urbanisme est volatil, selon l’auteur, lorsque la succession des désastres est si rapprochée que l’on n’a plus le temps d’en analyser les causes ni d’en corriger les effets. Il en résulte une inadaptation chronique à leur survenue. Il cite la ville de Mumbay (Inde) qui a subi de graves inondations liées à la mousson en 2005, 2017, 2019 et 2023.

Nous pouvons d’ailleurs illustrer nous-même cette répétabilité en rappelant la succession des grands feux de forêts en France. En 1949, un très grave incendie, dans la forêt Landaise, entraînait la mort de 82 personnes et détruisait 52 000 hectares de pins maritimes. Cet incendie avait incité à la création de pistes d’accès aux parcelles et à la réorganisation des moyens de lutte. Un incendie de cette intensité ne s’était plus reproduit. En 2022 puis en 2026, coup sur coup, deux incendies d’intensité équivalente se sont déclenchés et laissent craindre que ce phénomène, lié au réchauffement climatique, ne se reproduise à fréquence élevée.

Comment y faire face ? Trois causes s’ajoutent pour aggraver les effets de ces phénomènes. La première est d’ordre juridique, les gestions de l’eau, de l’énergie, du transport, de la nourriture et de la santé sont séparées et obéissent à des investissements n’ayant ni le même cycle ni les mêmes budgets ; lorsqu’une catastrophe climatique survient exigeant une réponse coordonnée rien n’impose que ces systèmes fonctionnent ensemble. Il y a ensuite une inadéquation temporelle entre la décision qui se prend au cours d’une mandature politique de 5 à 6 ans et son effet sur les infrastructures dont les modifications peuvent s’étaler sur plus de 80 ans. Les mauvaises décisions et les investissements inappropriés ne peuvent être corrigés à temps pour faire face à des catastrophes presque simultanées. Il y a enfin, avec l’évolution des techniques, une perte de connaissances ; les gestionnaires non spécialistes devant la complexité des systèmes à gérer, font confiance à des opérateurs externes qui eux même ne savent pas quelles en sont les priorités.

Que faut-il faire ? Selon l’auteur il ne faut pas légiférer mais réorganiser les responsabilités.  Revoir aussi ce qui n’a pas fonctionné dans la lutte contre une catastrophe climatique notamment la coordination des actions ou la disponibilité des moyens de lutte. Les municipalités devraient créer des autorités d’infrastructures opérant sur le long terme et non sur une mandature.

 

*Zaheer Allam, Science, 9 juillet 2026, p.125.


 




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